L'infirmière Majdouline B., révoquée de la fonction publique pour avoir refusé de manière répétée d'ôter son calot chirurgical, s'adresse aux journalistes devant le tribunal administratif de Paris, le 23 décembre 2025 ( AFP / BERTRAND GUAY )
L'infirmière de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpétrière, suspendue huit mois par son employeur l'AP-HP, pour refuser d'enlever son calot, a été déboutée de son recours en référé devant le tribunal administratif, a indiqué la juridiction mercredi dans un communiqué.
"Au regard de la persistance de l'agente hospitalière à porter son calot hors de toute intervention chirurgicale et en contradiction avec les règles d'hygiène et de sécurité des soins, malgré les injonctions répétées et le blâme prononcé antérieurement à son encontre, l'exclusion de huit mois n'apparaissait pas disproportionnée, en l'état de l'instruction", a indiqué un communiqué du tribunal administratif de Paris.
"Cette décision présente toutefois un caractère provisoire et ne vaut que jusqu'à l'intervention du jugement au fond", rappelle le tribunal qui jugeait en référé.
Le calot est un équipement de protection en tissu, porté habituellement au bloc opératoire ou en réanimation.
Majdouline B., qui porte un calot coloré avec des petits coeurs, avait été licenciée en novembre 2025 pour ce motif par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), mais avait obtenu en référé la suspension de la sanction et sa réintégration. Le tribunal administratif de Paris avait considéré début janvier que la sanction de licenciement était disproportionnée.
La jeune femme n'a jamais indiqué d'appartenance religieuse, indiquant simplement que le port de cet équipement relevait de sa vie privée.
Elle est soutenue notamment par le syndicat Sud-Santé de la Pitié Salpétrière, et par la CGT.
"Il y a une croisade absurde des directions des hôpitaux de France contre des collègues perçues comme musulmanes", a indiqué Blandine Chauvel, de Sud Santé La Pitié Salpétrière. "On a recensé plus de 30 hôpitaux dans toute la France ou des collègues sont victimes de cette chasse au bout de tissu".
"On n'est plus dans la défense de la laïcité, on est plutôt dans le fantasme de l'ennemi de l'intérieur", avait de son côté déclaré la députée écologiste Sandrine Rousseau, venue mardi apporter son soutien à Majdouline B avant l'audience du tribunal administratif.
L'avocat de Majdouline B, Me Lionel Crusoe, a de son côté regretté que le tribunal n'ait pas retenu le caractère "disproportionné" d'une suspension de huit mois pour des faits de telle nature.
"En jurisprudence, pourtant, une sanction d’une telle sévérité est celle classiquement prise, par exemple, contre des agents auteurs d’agression physique, de harcèlement moral ou sexuel ou de détournement de fonds publics et plus généralement des faits revêtant une coloration pénale", a-t-il estimé dans un communiqué.
Le NPA, dont la syndicaliste Blandine Chauvel sera tête de liste pour les municipales à Paris, a également apporté son soutien à l'infirmière. Celle-ci s'exprimera lors du meeting de campagne des municipales du NPA, le 19 février à Paris, a indiqué le Nouveau parti Anticapitaliste.

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